La reproduction sociale au cœur des enjeux socio-économiques

C’est un fait social : les enfants issus de milieux favorisés et ayant des parents diplômés ont plus de chance d’accéder à des études supérieures que des enfants issus de la classe moyenne ou modeste. Ce phénomène – bien que certes comprend des exceptions – démontre l’importance du rôle de la société dans ce que l’on appelle : la reproduction sociale. En effet, la société est au coeur des relations entre les hommes. C’est elle qui influence nos goûts, qui va décider de nos relations humaines, et qui déterminera une partie (oui oui il faut l’admettre) de notre évolution future. En effet, ce serait faire preuve de mauvaise foi que d’affirmer que nos goûts vestimentaires par exemple, ne sont pas influencés par la dernière mode, ou que l’attrait quasi irrésistible du téléphone portable dernier cri n’est pas sans lien avec l’image sociale qu’il véhicule.

Que nous le voulions ou pas, nous appartenons à un milieu social. Celui ci, nous catégorise selon nos moyens et va influencer notre avenir. En effet, selon les sociologues, c’est avéré : un enfant ayant grandit dans une famille aisée sera plus susceptible de réussir ses études supérieures qu’un enfant venant d’un milieu social modeste. Mais comment cela s’explique-t-il ?

C’est tout d’abord par l’éducation que les privilèges des familles aisées vont se démarquer. En effet, un enfant issu d’une famille ayant des revenus dits confortables se voit offert une éducation qui maximisera ses chances d’intégrer et de réussir ses études supérieures. Durant son enfance, cet enfant peut bénéficier d’un accès facilité à la culture, développant des savoirs dans des domaines divers et variés comme le théâtre, la musique, l’art, la littérature …etc. C’est avec la grande curiosité propre à l’enfant que par la suite il va chercher à s’intéresser encore plus à ces sources divertissantes, lui permettant d’acquérir une culture générale qui ne pourra rivaliser avec celle d’un enfant issus d’un milieu social modeste. De plus, il n’est pas rare que les enfants dits favorisés pratiquent une langue étrangère dès le plus jeune âge, creusant un peu plus le fossé avec ceux qui ne la découvre seulement au collège.

De nos jours, un grand nombre d’étudiants à l’université se voient dans l’obligation de travailler pour financer son appartement, ses courses alimentaires quotidiennes, ses abonnements divers et variés (téléphone, transports en commun), laissant peu de place aux loisirs – qui favorisent l’enrichissement – mais surtout laissant peu de temps pour réviser et apprendre ses cours dans de bonnes conditions. L’enfant issu d’un milieu modeste se voit parfois dans l’obligation de devenir responsable et d’apprendre plus tôt que certains de ses camarades à être indépendant. Pendant que certains rentrent des cours avec 3 heures de révisions devant eux et cours de piano de 19 heures à 20 heures, d’autres doivent sortir des cours en vitesse pour embaucher en tant qu’hôtesse de caisse dans la grande surface du coin pour n’en sortir qu’à 21 heures. Quoique l’on en dise, l’approche à l’instruction n’est pas le même.

De plus, l’accès à l’enseignement diffère également. En effet, vous n’êtes pas sans savoir que les écoles les plus prestigieuses (telles que hypokhâgne, science po, kedges) garantissant dans la plupart des cas un travail généreusement rémunéré à la sortie sont à un prix excessif, et complique donc leur accès. Croyez-vous qu’une famille d’ouvrier, représentant tout de même 24% des français, ou la classe moyenne (42% des français), peuvent financer plus de 10 000 euros l’année pour garantir un avenir professionnel à leur enfant (pourvu qu’il soit unique) ?

En clair, ce fait socio-économique est ancré dans la société dans laquelle nous évoluons. Bien que certains dérogent à ce phénomène, il est difficile d’y échapper. C’est d’ailleurs pour cela que le public est beaucoup plus admiratif d’une personnalité médiatique venant d’un milieu défavorisé voir modeste, qu’un “fils à papa” reprenant le sommet de l’entreprise familiale. Cependant, la réussite individuelle se mesure t-elle réellement aux caractéristiques de l’emploi que nous exerçons ?

Pour aller plus loin : ce tableau ci-dessous démontre l’inégalité des chances dans le secteur de l’emploi. En 2014, pas moins de 47% des fils de cadres supérieures étaient eux-mêmes cadres sup; laissant peu de place aux autres.

Publié par MK

Jeune étudiante, mon désir est de faire partager les vertus du monde mais également ses désordres.

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